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Conserver
et mettre en valeur :
comment? avec qui? dans quelle perspective? |
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Thématiques
des tables rondes
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I-
Comment choisir ce qu'il faut mettre en valeur? |
Les choix
de mise en valeur du passé peuvent être déterminés
par l'importance et la nature des traces qui en subsistent.
Ainsi, certaines villes historiques ont-elles conservé
essentiellement les traces d'une période particulière
de leur histoire, dominantes et faciles à identifier.
Dans la
plupart des cas cependant, les traces du passé se superposent,
s'entrecroisent, s'entrechoquent au point où l'observateur
peu averti ne pourra identifier les périodes historiques
sans une information organisée. Quels sont alors les
choix de mise en valeur qui s'offrent?
Certaines
villes optent pour la préservation d'immeubles et d'aménagements
d'époques différentes, y compris l'époque
contemporaine; d'autres choisissent de reconstruire à
l'identique à partir des vestiges d'une époque
donnée.
Quels que
soient les choix, ils sont susceptibles de provoquer des réactions
:
- réactions
contre l'évocation ou l'effacement d'une période
ou d'un événement historiques donné
(Ne risque-t-on pas, par ailleurs, de banaliser le patrimoine
et l'histoire, en cherchant à masquer les conflits
du passé sous un vernis patrimonial uniformisant, par
souci de ne choquer personne?);
- réactions
des propriétaires et occupants d'immeubles de grande
valeur immobilière et foncière, sur des sites
à fort potentiel archéologique (Comment
concilier les impératifs de développement économique
des centres-villes et la mise en valeur des vestiges archéologiques?);
- réactions
d'ordre esthétique, notamment à l'égard
d'insertions contemporaines (Ne risque-t-on pas de « muséifier »les
quartiers historiques en refusant de les intégrer à
la modernité des villes environnantes ou, à
l'autre extrême, d'en exacerber le caractère
exceptionnel, « touristique », en y
concentrant des créations d'une modernité que
n'ont même pas les quartiers plus récents?).
En matière
de mise en valeur, nous postulerons qu'il n'existe a priori
ni bonne ni mauvaise réponse, seulement des choix avec
leur cortège de conséquences, heureuses et moins
heureuses. Aussi l'atelier réunira-t-il des représentants
de villes ayant fait des choix différents.
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II- Comment
impliquer, citoyens, résidants, commerçants, experts? |
L'implication
des citoyens dans la protection du patrimoine suppose que
ceux-ci partagent la connaissance de l'importance qu'a ce patrimoine
dans l'histoire. Le fruit des recherches historiques et archéologiques
doit donc être organisé et présenté
d'une façon conviviale et accessible : aujourd'hui, c'est
souvent sur le Web que le citoyen peut parfaire sa connaissance
et mieux comprendre l'apport du passé à la ville
actuelle. Cet instrument interactif lui permet aussi d'effectuer
ses propres recherches, de poser lui-même des hypothèses.
Résidants
et commerçants développent un sentiment de
propriété à l'égard de leur quartier
historique et se mobilisent facilement pour faire entendre leur
voix. Mais leurs intérêts divergent souvent quant
à l'orientation que doit prendre la mise en valeur de
leur quartier et aux effets des interventions qui y sont menées,
les commerçants visant plutôt des effets à
court terme et les résidants se souciant des conséquences
à plus long terme. L'animation touristique de soir et
de nuit, l'envahissement des rues, la « spécialisation »
et les prix élevés pratiqués par les commerces
visant la clientèle touristique, sont quelques-uns des
sujets de discorde. Le point de vue des résidants apparaît
d'autant plus important que, selon plusieurs observateurs, ce
sont eux qui donnent aux quartiers historiques ce « supplément
d'âme » qui les distingue d'un décor.
En ce qui
concerne les commerces de « souvenirs »,
qui envahissent et enlaidissent tous les quartiers historiques
du monde, on conviendra que la meilleure façon de marginaliser
leur présence est de conserver vivantes des fonctions
urbaines diversifiées, et des quartiers anciens réellement
intégrés à la ville moderne.
Enfin, les
groupes de pression en patrimoine, les professionnels liés
à l'architecture et à l'aménagement urbain,
et la société civile en général,
sur la base de l'importance nationale ou internationale de certains
lieux, revendiquent d'être écoutés avant
que les pouvoirs publics ne prennent des décisions. Leur
implication peut prendre diverses formes : de la consultation
informelle à la création d'instances auxquelles
la municipalité délègue des pouvoirs.
La volonté
manifestée par tous ces groupes de prendre part à
la préservation et à la mise en valeur du patrimoine
bâti doit être prise en considération. Mais
ce sont les élus à qui incombe la responsabilité
ultime de faire les choix, de prendre les décisions
qu'ils jugent les plus conformes au bien public et d'en rendre
compte auprès de l'ensemble de la population. Quelques
villes membres viendront présenter l'approche retenue
pour assurer le respect du rôle de chacun.
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III- La
perspective de mise en valeur : dépense ou investissement?
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La contribution
des fonds publics est nécessaire à la mise en
valeur du patrimoine bâti, qui se place à cet égard
en concurrence avec une diversité d'autres besoins. D'où
la recherche d'une rentabilité à l'investissement
public consenti dans la réhabilitation des quartiers
anciens.
Cette rentabilité,
elle réside à court terme dans le développement
touristique, générateur d'emplois et de devises.
Les arguments du bénéfice culturel à long
terme, de la fierté collective, autrefois invoqués
pour conserver le patrimoine, sont de plus en plus supplantés,
même dans les discours, par cet impératif économique
plus immédiat et plus tangible.
À
cet égard, on peut se demander aujourd'hui :
- si,
à part la perspective de l'exploitation touristique,
d'autres motivations seraient encore susceptibles d'entraîner
les décisions politiques et les investissements publics
nécessaires à la préservation et
à la réhabilitation des quartiers anciens?
- si
l'investissement patrimonial à des fins de rendement
touristique à court terme n'a pas d'effets négatifs
sur la préservation à long terme des quartiers
historiques (sur-utilisation des lieux, déséquilibre
des fonctions, désertion des résidants, achat
de résidences par des étrangers pour quelques
jours par année, hausse incontrôlée du
prix de l'immobilier,...)?
Pour que
la mise en valeur des quartiers anciens ne soit pas qu'un investissement
touristique, mais aussi un investissement urbain et social,
les pouvoirs publics devraient encourager la diversité
des fonctions urbaines :
- protéger
l'habitation en contrôlant la gentrification et les
nuisances;
- préserver
la diversité commerciale;
- encourager
d'autres fonctions : affaires, création, administration
publique, services,...
À
cet égard, la rareté des fonds publics,
parfois invoquée pour expliquer les limites de l'intervention
publique dans les quartiers anciens, ne justifie-t-elle pas
les partenariats publics-privés, notamment dans la réhabilitation
et le recyclage d'édifices anciens dans des usages contemporains,
susceptibles de contribuer à la diversité fonctionnelle
et à l'intégration des quartiers anciens?
Cet atelier
permettra de prendre connaissance de quelques solutions adoptées
par des villes membres.
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