Pour plus d'information sur les caractères physiques du bâtiment, veuillez consulter le relevé des
caractères physiques.
Pierre
:
Grès chamois bleuté non identifié, mais plusieurs possibilités; selon la revue Construction (1894) : « Ohio blue stone »; selon certains auteurs, grès bleu de New York; une exposition virtuelle sur le grès de Wallace (Nouvelle-Écosse) présume qu'il s'agit de cette pierre à cause de l'entrepreneur Lyall, qui a construit l'immeuble, mais il n'achètera une carrière de Wallace qu'en 1912.
Histoire du bâtiment
En 1894-1895, la compagnie d’assurance-vie Canada Life fait ériger un gratte-ciel de huit étages sur la rue Saint-Jacques. Elle confie le projet à l’architecte Richard A. Waite, un Américain qui a déjà réalisé pour la compagnie dans les années 1880 le siège social de Hamilton et la succursale de Toronto.
La Canada Life choisit le site voisin du prestigieux édifice Temple (démoli en 1907). Vers le début de l’année 1894, un bâtiment de trois étages qui s’y trouvait est démoli pour permettre la construction du nouvel édifice que l’on termine vers la fin de 1895. Au dire d’un journal local, il s’agit d’un édifice des plus modernes dans le Dominion. Sur le plan technique, et ce pour une des premières fois au Canada, il s’élève grâce à une structure d’acier. Waite emprunte à divers styles, si bien que l’édifice fait écho à l’éclectisme victorien tout en annonçant le retour au classicisme du début des années 1900. Il est en outre ornementé de nombreuses et fines sculptures réalisées par Henry Beaumont, tant à l’extérieur qu'à l'intérieur.
La Canada Life s’installe au deuxième étage tandis que la Banque canadienne de Commerce (aujourd’hui CIBC) aménage son bureau-chef montréalais au rez-de-chaussée. Les autres locaux de l’immeuble sont au départ loués principalement à des cabinets d’avocats et à d’autres assureurs, une clientèle qui reste fidèle dans les décennies qui suivent. En 1954, l’édifice est vendu à la Federation Assurance Co. of Canada, une compagnie nouvellement formée. Son départ au milieu des années 1980 met fin à près d’un siècle de présence continue de compagnies d’assurances dans l’édifice. Durant les années suivantes, la plupart des locaux se retrouvent sans locataire. En 2003-2004, l'édifice est transformé en copropriétés résidentielles.
L’édifice Canada Life occupe la totalité d’un emplacement de forme trapézoïdal. En pente et en tête d’îlot, cette localisation permet l’exposition de trois façades sur rues (dont la ruelle des Fortifications), celle de la rue Saint-Jacques constituant la façade principale. Aujourd’hui enchâssé entre de hauts bâtiments, il était visible de loin à l’origine, ce qui explique sans doute le traitement élaboré des trois façades. De plan rectangulaire, l’immeuble en grès bleuté atteint l’impressionnante hauteur de 121 pieds de hauteur du côté de la ruelle des Fortifications. Parmi les immeubles de bureaux de l’époque, seule la tour de l’édifice New York Life le dépasse. Pour l’une des première fois au Canada, les murs de maçonnerie ne jouent aucun rôle de soutien, l’ensemble de l’édifice étant supporté par une structure d’acier. Par ces caractéristiques techniques – il possède aussi deux ascenseurs –, il est un des exemples les plus éloquents du gratte-ciel en devenir.
La façade de la rue Saint-Jacques et la façade latérale comprennent respectivement trois et six travées bien définies aux cinq premiers niveaux. La division en cinq sections horizontales séparées par des corniches – comprenant un ou deux niveaux chacune – donne quant à elle lieu à autant de traitements distincts. Ce type de composition contredit l’impression de hauteur, une approche courante au XIXe siècle. L’importance des baies permet de soupçonner la présence d’une fine ossature, mais le traitement laisse faussement croire à la présence de piliers en maçonnerie jouant un rôle de support. Ces subtiles ambivalences trouvent leur pendant dans le vocabulaire architectural. La composition d’une régularité plutôt classique, malgré l’asymétrie de l’emplacement du portail en façade principale, est largement inspirée de la Renaissance dans ses détails, tels le portail ionique, les petits chapiteaux de la famille corinthienne, les clés des arcs, les rinceaux et autres ornements. Toutefois, les pilastres polygonaux de l’avant-dernière section et le rythme serré des arcatures du sommet, que l’on peut associer à des traditions médiévales, contribuent, comme les autres ambivalences, à un éclectisme bien de son temps.
Les propriétaires constructeurs occupent le second étage que rien ne permet de distinguer, tandis que les hautes ouvertures du rez-de-chaussée évoquent le prestige associé à une institution bancaire. Le portail monumental de la rue Saint-Jacques donnait accès à la succursale bancaire et au hall d’ascenseurs desservant les étages supérieurs. Une entrée secondaire, rue Saint-Pierre, permettait un accès séparé aux locataires du vaste sous-sol créé par la dénivellation du terrain. L’édifice évoque surtout par sa forme architecturale le prestige d’un bureau-chef, sa fonction principale (bureaux) étant essentiellement rappelée par sa hauteur.
Éléments décoratifs significatifs
L’ancienne inscription « Canada Life Assurance Company » reste partiellement lisible dans la frise du portail, tandis que la date de fondation de la compagnie (1847) et l’année de l’inauguration de l’édifice (1895) y apparaissent toujours. On trouve aussi le monogramme CLAC dans un panneau décoratif. Sur la façade à l’angle des rues Saint-Jacques et Saint-Pierre, un haut-relief représente les armoiries de la compagnie avec, au sommet, un pélican nourrissant ses petits de son sang, un symbole d’abnégation et de charité chrétienne adopté par l’entreprise. Enfin, dans les écoinçons du portail, des figures allégoriques de facture classique portent des attributs symboliques reliés aux activités économiques, tels un rouet et une corne d’abondance.
Intérieur partiellement visible de l’entrée
Après la porte d’entrée, dans l’ancien hall désormais privé, un escalier en marbre, dont la rampe est ornée d’une console renversée et de fines sculptures en pierre, conduit à une mezzanine qu’occupait la succursale bancaire. Un corridor avec des planchers en mosaïque mène à la cage d’ascenseurs en fer forgé. Les intérieurs riches et éclectiques combinent des éléments classiques et une ornementation typique de la fin de l’ère victorienne.
Banque Canadienne de Commerce (CIBC) (locataire de 1896 à 1908) La CIBC quitte l’édifice Canada Life et aménage dans son propre édifice, qui remplace le Temple Building voisin, en 1909. Elle sera remplacée tour à tour par la Banque de Nouvelle-Écosse et la Banque de Hamilton. La présence d’institutions bancaires au rez-de-chaussée de l’immeuble prend fin au cours des années 1920.
Commentaire sur la construction
La plupart des sources indiquent 1895 comme date de construction et celle-ci est d'ailleurs inscrite sur le bâtiment. Montréal Métropole (1998) donne 1894-1896, tandis que Crossman (1987) retient 1894-1895 comme période de réalisation. Les rôles d'évaluation, le Canadian Architect and Builder (CAB) et des photographies confirment que les travaux débutent en 1894. Le correspondant montréalais du CAB fait en outre la « critique » du bâtiment, presque complété selon la revue, dans le numéro d'octobre 1895 et en mai 1896 les locaux sont occupés.
Fonction(s) d'origine et type particulier
Fonction(s) spécifique(s) :
assurance
Fonction(s) générale(s) :
finance
bureaux
Type particulier de bâtiment :
gratte-ciel
Autres travaux – Modifications
Travaux 1 :
Date des travaux : 2003-2004 Restauration ou recyclage du bâtiment.
Conversion de l'édifice en immeuble résidentiel en copropriété. Une subvention a été versée pour les composantes restaurées.
Autres propriétaires ou locataires (sélectif)
Propriétaires :
Federation Assurance Co. of Canada (propriétaire de 1954 à 1979) Propriétaire-occupant. Compagnie fondée en 1947.
Protections patrimoniales du bâtiment
Le bâtiment est protégé en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel, en vigueur depuis le 19 octobre 2012, par les statuts suivants :
Situé dans le site patrimonial de Montréal (Vieux-Montréal) (déclaré). Anciennement un arrondissement historique (1995-04-26) (juridiction provinciale)
Le bâtiment est identifié aux documents d'évaluation du patrimoine urbain dans la catégorie suivante :
Situé dans un secteur de valeur patrimoniale exceptionnelle Vieux-Montréal (juridiction municipale)
Numéros de référence
Bâtiment
:
0040-11-1613-00
Propriété
:
0040-11-1613 Fiche 1 de 1 sur cette propriété
Pour plus d'informations...
Pour plus d'information sur l'histoire
ou l'architecture du bâtiment,
veuillez consulter les sources suivantes :