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L'APPROCHE D'AMÉNAGEMENT
DANS UN QUARTIER HISTORIQUE |
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La place d’Armes et les rues qui la bordent ont une profondeur historique assez exceptionnelle. Leurs sols en renferment encore aujourd’hui des indices concrets. Les récentes recherches archéologiques ont en effet permis de révéler plusieurs sites archéologiques d’intérêt, encore intacts, dans l’emprise des rues bordant la place, et sous le parvis de la basilique Notre-Dame. Ces sites rappellent le premier plan organisé de la ville ancienne par les Sulpiciens. |
Stricto sensu, la place d’Armes n’a jamais fait l’objet de recherches archéologiques mais sa partie ouest pourrait receler des sites archéologiques de la période préhistorique, des vestiges du puits Gadbois et des traces des différents aménagements qu’elle a connus depuis la fin du XVIIe siècle.
Parmi les sites archéologiques recensés, les plus importants sont : la première église paroissiale, le troisième cimetière de Montréal et les fortifications érigées selon les plans de Chaussegros de Léry.
Le site de la première église paroissiale est sans conteste le plus important sur le plan archéologique, historique et symbolique. Construite entre 1672 et 1683, puis modifiée à diverses reprises avant sa démolition au XIXe siècle, elle est localisée dans la rue Notre-Dame à l’ouest de la rue Saint-Sulpice face à l’actuelle basilique. On retrouve ses fondations de pierre à environ 60 cm seulement sous la surface actuelle de la rue. Pour illustrer l’importance de la ressource et son intégrité, mentionnons que des sépultures ont été observées en 2006 dans une crypte voûtée destinée à des inhumations située dans une section sous le chœur et l’abside. C’est donc dire que l’exhumation n’a été que partielle.
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Le creusage du puits de la place d’Armes. Fouilles archéologiques / Edgar Gariépy.
septembre 1933 cote G-2628
Source : © Ville de Montréal gestion des documents et archives
Commentaire : Travaux d’excavation pour la construction des vespasiennes.
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La rue Notre-Dame et le parvis de la basilique à l’été 2007
Source : Mario Brodeur
Commentaire : On aperçoit à la fois le marquage permanent sur le parvis et le tracé de peinture du contour de l’église dans la rue Notre-Dame.
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Ces vestiges ont été laissés en place et un marquage temporaire du contour de l’église d’origine a été réalisé sur la chaussée et les trottoirs à l’été 2006 et 2007. Un marquage permanent en granit clair du croisillon sud a toutefois été intégré lors de la récente restauration du parvis de la basilique.
Le premier cimetière paroissial utilisé dès 1691, agrandi en 1733 et fermé en 1803 est situé sur le flanc sud de l’ancienne église paroissiale. Il comporte un mur d’enceinte de moellons. Les restes mortels d’environ 200 individus ont été exhumés et étudiés par les archéologues dans le cadre de travaux de génie. De nombreuses sépultures encore intactes ont été laissées en place. Inutile de dire que la présence de ce cimetière contigu à la basilique confère au lieu une charge émotive élevée. |
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Sous le trottoir Est de la côte de la Place-d’Armes ont été découverts les vestiges des fortifications appartenant au mur d’escarpe de la fortification de Chaussegros de Léry. Cette partie de l’enceinte a été construite en 1722 et 1724.
Tous ces vestiges archéologiques sont d’autant plus importants qu’ils témoignent du Régime français dont peu de traces subsistent dans le Vieux-Montréal.
La gestion de la ressource archéologique sera importante dans le réaménagement de la place et de la chaussée qui la délimite. Des vestiges peuvent commander leur conservation in situ et/ou des marquages à la surface. Ce dernier procédé utilisé sur le parvis de la basilique s’inscrit dans un mouvement de fond qui consiste à révéler l’histoire dans les aménagements de l’emprise publique. C’est tout particulièrement le cas pour le Vieux-Montréal.
Les années 1990 correspondent à la période des grands travaux de requalification du domaine public dans le cadre de l’Entente sur le développement culturel de Montréal. Tous les lieux réaménagés dans l’arrondissement historique depuis ce temps reflètent la volonté de traduire la nouvelle vocation du quartier c’est-à-dire la vocation de mémoire.
C’est ainsi que la place Royale devient une crypte archéologique, que les vestiges des fortifications sont mis au jour au Champ de Mars, que le collecteur William est évoqué dans la partie Est de la place D’Youville, que l’escarpe et le pourtour du Château de Vaudreuil sont marqués sur la place Jacques-Cartier, que des rails de voie ferrée sont installés dans le square Dalhousie et que la fondation du moulin Charron sera rappelée au nouveau parc des Frères-Charron. |
Considérant ce qui s’est réalisé jusqu’à maintenant, un des défis qui attend les concepteurs de l’atelier Imaginer la place d’Armes est certainement d’évaluer le degré et le niveau d’interprétation nécessaire de l’histoire de la place eu égard aux constats qui suivent.
Premier constat : Les aménagements de la place d’Armes ont subi des mutations radicales au cours du temps. De lieu de rassemblement libre d’aménagement, à square victorien, à carrefour de circulation bétonné, à espace d’agrément sur podium, ils ont toujours traduit les besoins et l’esprit de leur époque.
Deuxième constat : Les immeubles qui encadrent la place constituent une synthèse des grandes périodes de développement de Montréal. On y retrouve le séminaire de Saint-Sulpice, un des plus importants bâtiments du Régime français construit à partir de 1685 et toujours occupé par la même compagnie de prêtres, la basilique Notre-Dame (1824) la plus grande église d’Amérique de son époque, le siège social de la Banque de Montréal (1859) la première banque au Canada, l’édifice New-York Life (1887) le premier gratte-ciel de Montréal, l’immeuble Aldred (1929-1931) un luxueux édifice de bureaux dont le profil en retrait a été conditionné par la réglementation municipale ou encore l’immeuble Banque canadienne nationale aujourd’hui Banque Nationale (1965) un gratte-ciel de style international. Ces immeubles sont de gabarit, de style et de matériaux très différents et contribuent de façon significative à l’intérêt et à l’identité de la place.
Troisième constat en corollaire au précédent : Aucun espace autour de la place n’est aujourd’hui disponible pour la construction d’un immeuble; la synthèse du développement de Montréal s’y arrête donc aux années 1960.
L’aménagement nécessaire de la place d’Armes constitue alors l’opportunité pour les concepteurs d’illustrer par leur projet la présente période de développement de ce début du XXIe siècle et ainsi de poursuivre cette synthèse jusqu’à nos jours. Dans ce but et dans ce contexte, il importe d’identifier les caractéristiques pertinentes des projets de notre époque en matière d’aménagement et de les confronter aux préceptes du « contextualisme » historique utilisés jusqu’à maintenant dans le Vieux-Montréal, et qui se traduisent le plus souvent par les palimpsestes et les marquages au sol. On pourra ainsi éventuellement sublimer le devoir de mémoire ! |
Mario Brodeur, architecte
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Êtes-vous sensibles aux artifices utilisés comme le marquage au sol, pour évoquer ce qui se trouve en dessous des places et de l’emprise publique dans les récents aménagements urbains du Vieux-Montréal ? |
Êtes-vous sensibles aux artifices utilisés comme le marquage au sol, pour évoquer ce qui se trouve en dessous des places et de l’emprise publique dans les récents aménagements urbains du Vieux-Montréal ? |
City impress us by its place, street, buildings (which along the street), and activities which take place on these open spaces. Open space is the node of city; it represents the character of city.
Role: Place d’Armes, a monument place for the first governor of Montreal, It evidenced establishment and development of Montreal. Place d’Armes had played an important historic role in the evolution of Montreal.
Topic: However, our city doesn’t stop its step of developing. The theme of “Make this historic place to satisfy contemporary urban expectation” becomes considerable topic by our society.
Metaphor: In fact, relationship between historic place and contemporary urban is like the relationship of woman and man whom are facing the danger of apart because the gap of their different pace of development.
Strategies: In order to satisfy urban expectation, place d’Armes has to find out its problems, revitalize itself to attain a higher standard of urban need. The way to find out solutions is to understand urban need of Montreal, understand place d’Armes and the problematic which relate to it.
Urban need: Psychological need of public: pleasure from the quality of the place and feelings of experience which people can get from it. Multiple usages need- usages which can satisfy different people in different levels. Social need- social contact and social exchange.
Quality: Place d’Armes has high value of art aesthetic quality because of its beautiful sculpture, fountain, and its environment building’s classical architecture style ( Bank of Montreal and Basilica of Notre-Dame). It also have high historic quality because its position in Montreal’s history. Place d’Armes has clear identity quality because of its location, its symbolic sculpture, its historical heritage as well as the architect character of its environment. Undoubtly, place d’Armes together with Basilica of Notre-Dame became a landmark of Montreal.
Usage: Place d’Armes has multiple usages like aesthetic usage, monument usage, transportation usage, leisure usage, and social contact usage.
Problematic: However, series of problems diminish the quality and usages of Place d’Armes and hence this place cannot satisfy today’s public demanding.
1. Problem of equipments
1.1) lights are too dark
1.2) tourist service store lack of beauty and not properly locate
1.3) Plantations are not properly chosen and not growing well
2. Problems of buildings
The buildings which enclose place d’Armes lack of dialogues with the place and the unity of their volume, style, color and material. They diminished the place’s aesthetic level, enclosed space feeling, atmosphere and identity.
3. Problems of street caused by vehicles
City’s structure, appearance and our mode of life had changed because of automobile. Width of the roads around place d’Armes is much wider than sidewalk. Vehicles separate the place from streets and limit the area of place. Also, because of vehicle, Montreal structure itself in different single functions of zonings. Place d’Armes, which isn’t located in resident zone, is not convenient for habitants to reach.
Revitalize: We can revitalize place d’Armes by solving problems of its equipment; by improving quality of the place and its environment buildings; by soften conflict between vehicle and pedestrian.
Shun Yao
Montréal |
Oui on devrait conserver cette pratique qui nous instruit sur les aménagements des différentes époques.
Carole Leblanc
Montréal |
Je trouve que ces marquages ne sont pas très utiles parce qu'ils ne sont pas entretenus. Est-ce que la ville et les cols bleus vont récréer un tel marquage chaque fois qu'ils creusent...? Je ne suis pas certain.
Iain Blair
Montréal |
Ground markings are often good, especially when the open space used to be something else which can be explained in markings.
In this case, this has been a square since the earliest days so a modern re-interpretation of the historic layout would probably be best.
Perhaps there could be a very subtle indication of where the first Notre Dame Church was; but this should not be the driving force of the design.
Mark London
Martha's Vineyard, USA |
Yes, this is an intelligent approach to redevelopment. On the tour of Place d'Armes I overheard several people mentioning that there ought to be some interpretive plaque related to the outline of the chapel on Notre-Dame. Clearly people notice these elements but they have to be identified and interpreted.
Bill Buholzer
Montreal |
It's fine, as long as it doesn't increase the sense of the Old City being a "tourist destination" rather than a historic urban setting. I would hope such ground markings would be subtly executed -- expensive as it may be, perhaps cast?
Christopher Carlisle
Massachusetts, USA and Old Montreal |
Je me permets cette petite suggestion concernant la plaque sur l'édifice de la BMO concernant mon ancêtre en ligne directe Urbain Tessier dit Lavigne de qui les Sulpiciens ont "acquis" la terre de sa succession.
Depuis ma tendre enfance mon père m'amenait voir cette plaque avec mon frère et maintenant c'est à mon tour de m'y rendre avec mes jeunes enfants ce qui représente pour nous une grande source de fierté.
Alors SVP pourriez-vous laisser cette plaque ou encore mieux installer des pictogrammes expliquant aux générations futurs qui furent ces premiers colons qui s'installèrent sur l'actuel site de la place d'Armes pour que d'autres familles puissent à leur tour faire ce petit pèlerinage?
Merci
Patrice Tessier
Le Gardeur, Québec |
Oui (voir réponse à question1)
Yves Deschamps
Montréal |
En tant que guide touristique présentant très souvent la Place d'Armes, je dois dire que la présentation visuelle du marquage au sol de l'église un point fort de la description de l'histoire de l'église et de la place.
Michel Jutras
Montréal
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Je crois que cette façon de souligner et de marquer est appropriée. L'entretien et le maintien sont une autre affaire. L'interprétation de ces traces doit être accessible tout en étant discret.
Jules Bélanger
Montréal |
Tout ce qui peut être fait pour bien rappeler l'importance du site dans toute l'histoire de la ville est intéressant et devrait être mis en valeur... mais tout est dans la façon de faire. Il faut que ce soit discret et durable et intégré dans le design de la place.
J. Hébert
Montréal |
Je crois que c'est une bonne idée à condition que ce soit fait discrètement, surtout pas comme une grande tache telle qu'illustrée dans la Gazette samedi dernier mais plutôt comme les pierres qui marquent le tracé des murs de l'hôpital Place Jacques Cartier.
Huguette Gagnon
Montréal |
Je dis Oui (mais) à JC Marsan... on doit conserver la statue...
Par contre moi :
1- Je démonterais cette statue de son piédestal et la reboulonnerais au niveau du sol pour que finalement on la voit, on la touche, position en axe avec la porte d'entrée de la cathédrale (classique), le plus soin possible d'elle, presque sur Saint-Jacques. Mais surtout pas en plein milieu de l'espace... laissons cet espace sacré au peuple des vivant.
2- Laisser le reste de la place vierge... que du dallage, même sur les rues pour que les voitures aient conscience qu'ils roulent sur un espace public. Aussi plusieurs bancs (amovibles). Créer un espace adaptable aux événements, fêtes, funérailles officielles... etc. Et laisser des commerces s'y installer de façon itinérante ! Cela crée de la vie et une place sans vie, sans événement, figé dans le béton, est un cimetière...
Keep it simple, then more adaptable.
J'ai aucune idée si ce courriel sera lu mais j'aimerais bien voir Montréal enfin être une 'city'. J’aimerais bien voir Montréal avoir une vraie place... pour qu'on s'y rassemble. Quel bel endroit pour se manifester en tant que citoyen. Non?
Pascal Moreau, arh urb.
Montréal |
Pourquoi pas, mais comme le disent d'autres personnes, il faut s'assurer que cela ne se dégrade pas avec le temps.
Yves Girard
Montréal |
| Bibliographie |
CHOKO, Marc H., Les grandes places publiques de Montréal. Montréal, Éditions du Méridien, 1987.
DUFRESNE, Sylvie, Fête et société : le carnaval d’hiver à Montréal (1883-1889). Essai paru dans Montréal activités, habitants, quartiers Société historique de Montréal. Montréal, Fides, 1984.
LAFONTAINE, Luce, Place d’Armes, Montréal | Évolution urbanistique et architecturale. Étude réalisée pour la Société de développement de Montréal. Montréal, mars 2007.
LÉGER MARKETING, Sondage auprès des clientèles pour le Vieux-Montréal et analyses comparatives avec une étude réalisée en 1998. Étude réalisée pour la Société de développement de Montréal. Montréal, 2004.
PRESSMAN, Norman, La notion d’hivernité apprivoiser la glace et la neige. Essai paru dans Sensations urbaines une approche différente à l’urbanisme sous la direction de Mirko Zardini. Montréal, Centre Candaien d’Architecture, Lars Müller Publishers, 2005.
TISCHER, Stefan et al. Place d’Armes | Étude sur la circulation des piétons, Laboratoire de création en architecture de paysage, École d’architecture de paysage Faculté de l’aménagement, Université de Montréal. Étude réalisée pour la Ville de Montréal. Montréal, juin 2007. |
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